Rappelons que vous pouvez écouter des extraits de la plupart des derniers CD présentés dans le Canard Folk tous les jours, vers 18h30 – Choix (aléatoire) différent chaque jour – sur notre webradio TradCan (musique Folk/Trad 24h/24)
www.canardfolk.be/tradcan/mainFR.htm
Les amateurs de musique du Centre France vont se délecter, et pas uniquement en pensant au vin. La pochette représente des travailleurs dans des champs de vignes de l’Allier, ce qui fait penser à la Chavannée. Les musiciens sont des valeurs sûres : Philippe Prieur (cornemuse 24 pouces, chant), Frédéric Paris (cornemuse 12 pouces, chant), Gilles Chabenat (vielle à roue) et Frédéric Baudimant (violon), voilà de beaux bourdons en perspective. Philippe Prieur, unanimement apprécié pour la qualité de ses mélodies de style traditionnel, est resté discret en matière de disques ; on ne peut donc qu’être ravi par cet album dont il compose la totalité des titres (sauf deux traditionnels). Les arrangements sont l’œuvre de Gilles Chabenat : polyphonies, unissons, bourdons, ambiances variées, tout concourt à la réussite de ce splendide album. www.aepem.com/produit/la-vignerie/
Marc Bauduin (Le Canard Folk N°474 – Avril 2026)
Souvenir de la kermesse (Musique traditionnelle de Haute-Bretagne) – Jeanne Lemoine & Cyril Couchoux – AEPEM 25/07
Ne faites pas attention au titre du cd si vous n’aimez pas les kermesses : vous risqueriez de passer à côté de ce jeune duo sympa qui met les danses de Haute-Bretagne au menu de ce premier album. Jeanne Lemoine (accordéons, voix, piano, jâze, clochettes) et Cyril Couchoux (banjos, alto, voix, basse, clochettes et autres bruits) interprètent 14 danses toutes basées sur des airs traditionnels sauf trois compositions dont deux de l’accordéoniste. Du côté des arrangements, rien à redire : ils sont généralement classiques, suffisamment variés et bien en place, mettant en valeur tantôt l’accordéon, tantôt le banjo. Tous nos encouragements ! www.aepem.com/produit/souvenir-de-la-kermesse/
Marc Bauduin (Le Canard Folk N°474 – Avril 2026)
Cabbie Drennan Band – Ballads from Rainbow’s End – GO Danish Folk Music – GO0226EP
Ce chanteur écossais au vaste répertoire traditionnel et à la voix chaude et caractéristique s’est marié au début des années nonante avec une artiste danoise. Celle-ci l’a introduit auprès du guitariste Anders Levring, et une collaboration de plus en plus étroite s’est établie progressivement. Le duo s’est produit dans de nombreux événements locaux au Danemark et en Écosse. Un jour, il fut choisi pour jouer en première partie d’un concert important ; sa voix chaude et sa présence sur scène y furent remarquées et 3 autres musiciens finirent par le rejoindre également.
Le groupe développe des arrangements toujours centrés sur la voix de Cabbie. Il vient de sortir son premier EP de 5 titres. Sur ce disque, les 3 premiers morceaux sont joués dans une atmosphère familiale. C’est dans les deux morceaux suivants « Ma Roven Eye » et « Plough and Sew » que Cabbie se déchaîne vraiment en chantant ces classiques d’une manière très rythmée. Une belle carrière se dessine ! www.gofolk.dk/
Marc Bauduin (Le Canard Folk N°474 – Avril 2026)
Green Lads – Welling Lights – Nemesia Records
Ce groupe breton de musique celtique avait prévu de sortir pas moins de cinq singles de février 2024 à janvier 2026 avec tout ce que ça implique comme activités marketing qui vous tiennent en haleine jusqu’à la sortie de l’album complet que voici. Welling Lights contient uniquement des compositions, avec une originalité qui explique la diversité des ambiances : ce sont les cinq musiciens ensemble qui, au départ d’une feuille blanche, ont tout composé et arrangé. Cette musique électro-celtique qui emploie des claquettes comme percussions, fait preuve d’une fraîcheur réjouissante. Interview prévue le mois prochain ! viagramophone.com/produit/green-lads-welling-lights/ volt.fm/label/2453074/nemesia-records greenlads.bandcamp.com/album/welling-lights
Marc Bauduin (Le Canard Folk N°474 – Avril 2026)
Polenta – Matkaaja – Polenta Music Oy POLCD007
La Finlande est riche de traditions musicales très diverses, au sein desquelles les musiques de violon tiennent une place importante.
Popularisée par les pelimanni (ensemble de violons), elles furent transmises par tradition, et actuellement enseignées jusqu’à un haut niveau, à la Sibelius Academy. Les musiciens de Polenta sont tous issus de cette institution. Veera Kuisma, Olli Sippola et Aino Kinnunen aux violons, accompagnés à la guitare par Mikko Malmivaara, ont commencé par interpréter le répertoire traditionnel, puis au fil des albums, ont inclus davantage de compositions. C’est le cas sur cet album, « Matkaaja », où les airs sont inspirés des rythmes traditionnels de la musique finlandaise, et aussi par d’autres styles et aires musicales. À l’écoute, on perçoit bien l’héritage de glorieux prédécesseurs, tels que JPP, ou encore Frigg. La même énergie et le son impeccable d’un ensemble à cordes constituent la marque de ce groupe. Des arrangements bien ficelés agrémentent l’ensemble. Et les nombreuses vidéos de leurs prestations en concert convaincront sûrement les organisateurs d’évènements à les intégrer dans leur programme. On constatera alors qu’il sera difficile au public de rester assis ! www.polentamusic.com/ polentamusiikki@gmail.com
Jacques Leininger (Le Canard Folk N°474 – Avril 2026)
C’est une ville du Japon, nous dit Wikipedia. Pourtant, c’est une ambiance française qui se dégage le plus souvent de ces douze morceaux composés par Kryztof Meyerf il y a quatre ans – un jalon dans la création de son nouveau spectacle. Des valses nostalgiques, une mazurka mais aussi un tango à l’européenne, l’envie de revoir Saïgon, ses ruelles vertes, son « café des habitudes » où l’on ne s’étonne plus de la présence de caféiers … et, pour rejoindre les neiges de Tsugaru, la longue « traversée ». On imagine ce qu’on veut en écoutant Tsugaru, qui est aussi le voyage de Kryztof (re)découvrant diverses villes du monde, dans un spectacle où la musique serait rejointe sur scène par des paroles et par des dessins. L’album est disponible en version numérique (pas de cd physique) ainsi que sur un vinyl collector bleu ! kryztofmeyer.wordpress.com/ tsugaru.bandcamp.com/album/les-villes tsugaru.lesvilles@gmail.com
Marc Bauduin (Le Canard Folk N°474 – Avril 2026)
La ciguë – La ache des chiens – Figures Libres Records
La Ache des Chiens, autre nom de la ciguë, est ce poison violent qu’ingurgita le philosophe grec Socrate. Serait-ce un album truffé de considérations philosophiques ? Disons plutôt que c’est une succession de mélopées païennes dans des atmosphères souvent calmes, composées, jouées et chantées par un duo français (berrichon, mais cete précision semble avoir peu d’importance ici) dont ceci est la première réalisation : Chloé Boureux (violon, chant) et Etienne Faguet (batterie, chant, machines) qui viennent tous deux du rock et de la chanson en duo. Mais une autre surprise apparaît : tout cela est dansable ! Pour peu que les musiciens annoncent les danses, nos danseurs folk (ou trad, ou néo-trad …) se muent immanquablement en danseurs de bal païen ! De quoi plaire à ceux, de plus en plus nombreux, qui recherchent des nouveautés. figureslibresrecords.fr/shop/ lacigue.bandcamp.com/album/la-ache-des-chiens
Marc Bauduin (Le Canard Folk N°474 – Avril 2026)
Jeanette Eriksson – Skåne – Jean and Jo Music and Arts (label)
Nous avions fait la connaissance de Jeanette Eriksson, avec son magnifique album solo, « Latar på Skånska » édité en 2007. Elle y célébrait les musiques de sa région d’origine, avec énergie et assurance. Puis, elle s’était orientée parallèlement vers la musique baroque, interprétée dans différentes formules, en duos, ou en groupe avec The Nordic Baroque Band. Forte de ces expériences, elle revient vers ses racines – Skåne est la région de Suède déjà illustrée en 2007 – et nous propose dans cet album une nouvelle vision des musiques qu’elle affectionne. Elle y utilise maintenant les instruments qu’elle a adoptés lors de son parcours baroque, à savoir le violon baroque et la lira da braccio. Ce dernier, plus volumineux que le violon, possède cinq cordes mélodiques et deux bourdons adjacents. Il donne à ces polskas un son parfois plus rugueux, qui sied bien à l’énergie nécessaire à la danse. Avec cet instrument et son violon baroque, servis par une prise de son remarquable, Jeanette parvient toujours aussi subtilement, à donner l’impulsion, à envelopper les auditeurs et à les emporter jusqu’au terme de la danse. À savourer délicatement ! www.jeanetteeriksson.se
Jacques Leininger (Le Canard Folk N°474 – Avril 2026)
Vegar Vårdal, Ottar Kåsa, Sivert Holmen, Nora Taksdal & Johannes Martens – Istem – Melovitten MV640
Les amateurs de musique traditionnelle norvégienne connaissent le Hardingfele, ce violon doté de cordes sympathiques qui lui donne un son riche et envoûtant. Dès lors, pourquoi ne pas imaginer les mêmes déclinaisons que pour la famille du violon, et son quatuor ? Voilà qui est fait, avec la création d’un Hardingviola, et d’un Hardingcello. Restait à trouver le répertoire, et le style d’interprétation. Faut-il s’inspirer du quatuor classique, ou rester proche du jeu traditionnel, avec les doubles cordes permanentes, les différents accordages, les variations au gré du soliste ? Le maitre d’œuvre de cet album, Vegar Vårdal, joueur de Hardingfele reconnu, a tenté la synthèse en proposant des compositions qui s’approchent et empruntent à chaque univers : des atmosphères calmes et lentes, et des mélodies puissantes et amples, souvent sur des rythmes de danses traditionnelles. On notera quelques exceptions, issues de collectages. Sivert Holmen, instrumentiste de Valdres, rejoint le pupitre Hardingfele. Le quatuor est complété par Nora Taksdal (Hardingviolq) et Johannes Martens (Hardingcello). Ottar Kåsa accompagne le quatuor en tant que soliste au Hardingfele et est également le luthier artisan du Harding-alto et du Harding-violoncelle. Avec de tels atouts, le résultat est à la hauteur. J’avoue une petite préférence pour les plages plus dansantes, le springdans collecté par Karl Schart, ou « I eikeskogen », le telespringar composé par Vegar. Mais que cela n’empêche personne de se faire son propre palmarès. www.melovitten.no
Jacques Leininger (Le Canard Folk N°474 – Avril 2026)
Hans Kjorstad – Dålågjel – Motvind Records MOT42MC
Chaque fois que j’ai à chroniquer un album estampillé Kjorstad (CF nov 2017 et mai 2022), que ce soit l’un des frères, ou les deux ensemble, je m’attends à mon lot de surprises ! Certes, le répertoire est traditionnel, et puise dans les airs du Gudbrandsdal, Hallingdal, Valdres, Setesdal et du Telemark. Mais, si à côté de l’instrumentarium traditionnel norvégien, hardingfele, violons et violon ténor, guimbarde et langeleik, on trouve un harmonium et une lyre, ajoutés de plus en plus fréquemment, c’est l’arrivée du swarmandal et du tanpura, instruments indiens, qui étonne. L’interprétation de ces danses, au milieu desquelles se glissent deux psaumes, est assurée avec maitrise et dans le respect du tempo adéquat. Et c’est surtout les arrangements, et le recours à des échelles micro-tonales qui font le charme de ces musiques. On ne s’ennuie pas à l’écoute de ces musiciens, et l’on devine tout l’enthousiasme et la malice qui ont les ont portés pendant la création et l’enregistrement de cet album.Pour se dépoussiérer les oreilles ! www.motvindkulturlag.no/motvind-records
Jacques Leininger (Le Canard Folk N°474 – Avril 2026)


