Pourriez-vous nous donner un aperçu du parcours musical de chaque musicien : quel âge ont-ils ? Quelles sont leurs influences ?

Photo : Victor Gonzales Ribes

Bernat Garcés : Claviers. Né à L’Hospitalet de Llobregat en mars 2003, il a aujourd’hui 23 ans. Il termine actuellement sa licence de piano jazz à l’ESMUC. Grand amateur de Brad Mehldau, il apprécie également d’autres styles de jazz et le reggae. Son père chante dans un groupe de musique folklorique catalane, ce qui explique son intérêt pour ce genre musical.

 

Photo : Victor Gonzales Ribes

Léonie Martet : Flabiol et Tamborín. Née à Saint-Laurent-de-la-Salanque, en Catalogne du Nord (France), en décembre 2002, elle a aujourd’hui 23 ans. Elle termine actuellement sa licence de flabiol de cobla à l’ESMUC. Passionnée de cobla, elle a joué dans de nombreux ensembles de haut niveau dans le nord de la France. Elle apprécie également la musique traditionnelle de sa région, la Catalogne du Nord.

Photo : Victor Gonzales Ribes

Laia Glück : Gralla. Elle est née à El Prat de Llobregat en février 2004 – elle a maintenant 22 ans. Elle termine actuellement sa licence de musique classique à l’ESMUC. Elle adore la musique folklorique catalane, la musique folklorique valencienne comme la botifarra, le rock comme celui d’Obrint Pas et l’univers des maqams.

 

Photo : Victor Gonzales Ribes

Martí Fleta : Batterie. Il est né à Sant Adrià de Besòs en novembre 2004 – il a maintenant 21 ans. Il termine sa licence de mathématiques à l’Université de Barcelone. Il aime écouter du jazz, du folk et du rock. Il apprécie particulièrement le Second Line, notamment le groupe Rebirth Brass Band, et la musique folklorique sud-américaine, comme la cumbia, le ballenato ou la salsa. Il aime aussi la musique arabe et apprend donc à jouer de la darbouka.

Photo : Victor Gonzales Ribes

Comment vous êtes-vous rencontrés ? Quel était votre objectif en décidant de créer Trèvol ? La musique folklorique catalane occupait-elle une place importante dans votre répertoire ?

En réalité, Trèvol a été créé par Laia Glück, la « grallera ». Un festival dédié à cet instrument l’a incitée à lancer un nouveau projet avec la gralla. Elle connaissait Martí, le batteur, pour avoir joué avec lui lors d’un stage de musique folklorique, Bernat, le pianiste, pour avoir joué ensemble à l’école de musique, et elle a rencontré Léonie, la flaviériste, à l’ESMUC. Elle a donc décidé de former le groupe en deux mois, sans se connaître et avec très peu de temps.

Le répertoire de la première année était presque entièrement composé de musique traditionnelle catalane. Nous avons arrangé tous les airs et nous nous les sommes appropriés, mais aucun n’était une composition originale.

Comment définissez-vous la musique folklorique catalane ? Comment la reconnaît-on : par des danses spécifiques ? Des mélodies particulières ? Des instruments spécifiques ? Un chant particulier ?

Pour nous, la musique folklorique catalane est un ensemble d’instruments qui créent un paysage sonore familier, celui de notre foyer. C’est aussi un ensemble de danses – de la sardane, des contrapàs et du ball pla à la rumba, aux fandangos et bien d’autres – qui, grâce à leurs nombreuses mélodies distinctives, nous transportent sur notre terre natale, laquelle, si l’on élargit un peu le champ, englobe le territoire des Pays catalans.

Des instruments à anche double et à bec, aux soufflets des accordéons diatoniques, en passant par les arrangements vocaux caractéristiques construits autour d’une mélodie principale, d’un bourdon et d’une seconde voix en tierces, tous ces éléments s’unissent pour façonner un univers entier, imprégné du timbre unique de notre terre natale.

Nous comprenons que votre musique actuelle est un mélange d’éléments folkloriques de différents pays et régions. Pourriez-vous nous expliquer brièvement comment ce mélange est créé ? Décidez-vous à l’avance quel pays sera le plus important ?

Laia Glück est allée au Kurdistan il y a deux ans. Elle est revenue amoureuse de leur musique. L’année suivante, elle a participé à un échange avec des musiciens palestiniens venus à Barcelone, qui ont été une grande source d’inspiration pour les quatre membres du groupe. Elle nous a transmis cette passion pour la musique de la Méditerranée orientale. Parallèlement, Martí est passionné par les rythmes latins et Bernat par la musique jamaïcaine. C’est pourquoi cet album propose un mélange de ces trois univers : la Catalogne, la Méditerranée orientale et l’Amérique latine.

Que signifie « Folk d’Extraradi » ?

Cela signifie « folk des marges », « de la périphérie ». Nous venons tous les quatre de la périphérie de deux grandes villes : Perpignan et Barcelone. Ce que nous voulons transmettre avec Trèvol, et avec cet album en particulier, c’est que la musique folk peut aussi naître dans les banlieues des grandes villes ; il n’est pas nécessaire de partir à la montagne.

Pourriez-vous  décrire l’ambiance de vos concerts : est-ce avant tout une fête ? Ou bien des messages politiques et sociaux (lesquels ?) ? L’indépendance de la Catalogne est-elle un thème abordé dans vos chansons ?

Nos concerts sont festifs. Nous veillons à ce que même ceux qui n’écoutent pas régulièrement de musique folk puissent l’apprécier et danser. Il y a néanmoins une dimension politique, et nous tenons à aborder les problèmes qui touchent Barcelone de près, comme le logement, le tourisme et la gentrification, ainsi que les enjeux mondiaux tels que les migrations, les guerres ou la situation en Palestine. Nous ne parlons pas de l’indépendance de la Catalogne.

Quels sont vos projets actuels et futurs ?

Après la sortie de l’album, nous souhaitons faire une tournée dans toute la Catalogne. Nous aimerions beaucoup jouer en dehors de la Catalogne, en Europe, mais nous savons que ce sera difficile.

 Site web : www.trevolgrup.cat/#

Nouveau CD : Folk d’Extraradi présenté dans notre rubrique « Les CD du mois » : www.canardfolk.be/les-cd-du-mois-juin-2026-cf-n476/     

www.microscopi.cat/trevol

 

Interview réalisée par Marc Bauduin