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Mes souvenirs du superbe vieux centre de la ville et de  l’ambiance joyeusement estudiantine sonnaient à mes oreilles sans pouvoir les préciser, mais un concert des virtuoses irlandais Michael McGoldrick & Tim Edey à Leuven ne pouvait être qu’un événement à ne pas manquer.

Le premier est né à Manchester en 1971. C’est donc un Anglais, direz-vous ? Mais ses parents sont irlandais et musiciens, et lui a suivi des cours de musique dans des écoles irlandaises. C’est comme s’il était devenu irlandais. Quant au second, il est né lui aussi dans une famille de musiciens mais dans le Kent – diable, serait-ce donc un duo anglais  ?- pour s’établir finalement  en Ecosse. Foin des nationalités !

Le flûtiste irlandais Michael McGoldrick, au moins aussi connu pour ses compositions que pour ses prestations ultra rapides, était en concert à Leuven le 5/9/2026 à l’initiative de Comhaltas Belgium, une association irlandaise dont on vous reparlera.  www.facebook.com/p/Comhaltas-Brussels-Branch-100092332257595/

Il joue principalement de la flûte traversière en bois et du low whistle, mais aussi de la guitare et des uilleann pipes entre autres. Il était accompagné par Tim Edey, un guitariste et accordéoniste diatonique hors pair, virtuose lui aussi, et très expressif.

Le duo a développé un jeu de scène époustouflant destiné à faire rire ou sourire en permanence , ou à s’étonner. Ce sont des blagues entre les morceaux ou des mimiques et mouvements divers tout en jouant. Ils s’amusent comme des fous ! Bien sûr, il y a intérêt à très bien comprendre l’anglais, mais si comme pour moi ce n’est pas le cas, on est quand  même pris par cette ambiance du tonnerre.

Le cd Jamland, lui, enregistré en studio, ne reproduit évidemment pas cette ambiance mais il contient pas moins de 17 suites de deux ou trois airs dont la moitié environ sont traditionnels.

Airs lents, reels, jigs et hornpipes constituent un très chouette répertoire qui vous poussera, du moins si vous êtes musicien, à réfléchir aux transitions et aux nuances.

Lisez également notre chronique du CD: www.canardfolk.be/les-cd-du-mois-octobre-novembre-2026-cf-n479/

Marc Bauduin

Le recueil de partitions publié par Michael McGoldrick et intitulé Michael McGoldrick – 50 Original Tunes and Chords, contient en réalité 51 mélodies. Toutes, en tout cas, ont été composées par le flûtiste lui-même.

Comme c’est régulièrement le cas dans les ouvrages britanniques ou irlandais de ce type, les jigs et les reels sont nombreux (ce n’est pas qu’on s’en plaigne !).
Les autres catégories de morceaux sont les marches, les valses rapides, un slow air et la catégorie « autres », où l’on retrouve des morceaux à 7 temps.

À titre personnel, je me souviens qu’au festival des Celticimes de 2025, auquel Michael McGoldrick était présent en tant que professeur et s’était produit en concert, Waterman’s avait rencontré un beau succès auprès des flûtistes, qui avaient à leur tour transmis ce morceau assez particulier (le 7 temps étant rare en musique irlandaise) à d’autres musiciens présents au festival.

Difficile, aussi, de ne pas citer le reel Windbroke, qui est devenu un classique des sessions et dont on ne se lasse pas.

À noter : il est précisé au début du recueil que des versions acoustiques de ces mélodies sont disponibles sur michaelmcgoldrick1.bandcamp.com/.

Arthur Bauduin

Petite anecdote au sujet de notre arrivée au concert à Leuven : en arrivant à Leuven, le plus difficile finalement, a été de trouver le parking de la salle de concert (l’Irish College), qui  n’a pas d’adresse précise – on nous conseillait de régler notre GPS sur telle rue plutôt que sur la place machin qui était pourtant notre objectif. Arrivés sur la place en question via un dédale de ruelles, un gros bâtiment nous barre la route, avec de chaque côté une rue sinueuse encore plus étroite. Oserait-on s’y aventurer ? Aucune indication utile  nulle part. on interroge plusieurs passants jeunes et vieux, de différents looks : ils sont tous très sympas, souriants, ils ont envie de nous aider  mais aucun n’y arrive. Bon, on se lance  lentement dans la rue de droite, bordée de vieux bâtiments disposés sans logique apparente. A un moment, la rue devient quasiment un chemin, il faut faire marche arrière. N’insistons pas sur cette manœuvre délicate dont un ouvrier moustachu à l’air bonhomme nous délivrera en ouvrant une barrière pour nous permettre de faire demi-tour. Il poussa la gentillesse jusqu’à  nous attendre sur la place pour montrer la grille du parking recherché, qui n’a aucune indication. Ca ne ressemble vraiment pas à un parking de salle de concert : il offre une dizaine de places en plein air dans un environnement de type quasi industriel, dont une est réservée au camion qui apporte les livraisons. Et juste à côté, stupéfaction béate : mon nom, en grands caractères, indique que cette-place m’est réservée, tandis qu’une porte  nous amène dans la salle et que l’organisateur apparaisse. Décidément, toutes les personnes que nous avons rencontrées, qu’elles soient de Leuven ou pas, sont incroyablement gentilles  (comme les  Irlandais en Irlande, d’ailleurs), et ce n’est pas dû qu’à la petite carte « PMR » placée contre le pare-brise de la voiture.

Marc Bauduin