
Cela faisait déjà longtemps qu’on n’avait plus rencontré Marinette. Et comme elle le dit, il y a toujours beaucoup de choses à dire dans la vie d’une musicienne-prof passionnée.
Marc Bauduin
Bonjour Marinette, peux-tu te présenter brièvement ?
Bonjour Marc, alors, je m’appelle Marinette Bonnert. Je suis accordéoniste et danseuse. J’ai découvert le milieu folk durant mon enfance, et je ne l’ai jamais quitté. Je dois même avoir des photos de moi à un bal pour enfants du Canard Folk… il y a longtemps.
Vers 12 ans, je suis devenue l’élève de Louis Spagna, avec qui j’ai appris l’accordéon diatonique et la danse (car Louis enseignait le lien entre les deux), devenus tous deux très importants pour moi. Tellement que, jeune adulte, j’ai décidé de vivre de cette passion.

J’ai donné beaucoup de cours d’accordéon, j’ai travaillé avec des enfants pour les Jeunesses musicales, j’ai eu de nombreux groupes (Tétralyre, Matoufèt, Moïraï, Bon Matin, Havelange…) et eu l’occasion de jouer un peu partout en Europe.

J’ai voyagé et eu même l’occasion de passer quelques années en Autriche, où j’ai aussi beaucoup travaillé dans le milieu folk viennois, et où j’ai développé une grande envie d’enseigner aussi les danses traditionnelles.

Depuis que je suis revenue en Belgique, j’ai rencontré Pierre Challe avec qui nous avons fondé les Ateliers de l’Accordéon, rajoutant la dimension réparation/vente à tous les côtés pédagogiques que je proposais déjà.
Je travaille maintenant en Académie autant pour la danse que pour l’accordéon.
Je joue aussi dans plusieurs groupes : 21 Boutons, Calamalys, Folk à Donf et Zim Boum Trad.
Tu parles de donner cours d’accordéon diatonique en Académie de musique ? Ca n’a pas toujours été possible. Comment ça s’est passé ?

L’accordéon diatonique est rentré dans les académies grâce à quelques personnes acharnées. Les cours étaient des cours complémentaires, et pour y être engagé, il fallait soit disposer d’un diplôme officiel qui n’existait pas à mon époque, soit passer la reconnaissance d’expérience utile (dossier qui représente son parcours, qui permet d’acquérir un diplôme). J’ai donc passé cette expérience utile pour l’accordéon et la danse traditionnelle.
Dans le parcours académique, j’ai dû aussi passer un CAPE, ce qui m’a permis d’être nommée pour quelques heures, et cette année, j’ai suivi le BAC+2 en pédagogie à l’IMEP. J’ai chaque fois dû faire un TFE sur ma pratique de l’enseignement, ce qui a permis beaucoup de réflexions sur mon approche. Je n’arrête pas d’avoir des nouvelles idées pour enseigner.

Je suis rentrée donc depuis une dizaine d’années dans quelques académies de Wallonie pour donner les cours d’accordéon diatonique (Hannut, Nivelles et Tamines). Depuis 2025, les cours d’accordéon diatonique sont reconnus comme les autres cours. C’est une belle progression.
Ma place, avec les musiques traditionnelles à danser, devient de plus en plus reconnue par les directions. Il y a d’ailleurs maintenant des cours de danses traditionnelles dans chaque académie où je donne cours d’accordéon, ce qui permet à mes élèves de se confronter au jeu pour la danse, avec toutes les difficultés de vitesse et de durée qui sont liées à chaque danse.
Petit point d’intérêt : l’Académie de Tamines va ouvrir un cours de danse traditionnelle à Sombreffe avec moi à partir de septembre 2026. Si tu es du coin, et que tu as envie de t’amuser deux heures par semaine, c’est bien de prendre les informations. C’est le mercredi de 19h10 à 20h50.
Tu parlais de tes groupes . Est-ce qu’il y a une actualité particulière ?

Oui, 21 Boutons ! Ce groupe est né il y a 20 ans, en 2006. C’est un duo comprenant Pere Romani, originaire de Catalogne, et moi-même, avec la particularité de n’avoir habité tous les deux dans le même pays que pendant 2 mois, au tout début du projet. Nous nous sommes connus en Autriche, à Vienne, par un concours de circonstance incroyable et grâce à deux merveilleuses personnes qui ont tout fait pour que nous puissions nous rencontrer.
En fait, nous avons joué ensemble dès le premier soir. C’est une belle histoire d’accordéon et d’amitié, qui tient dans le temps.
Après une période covid et post-covid, où nous avons un peu moins joué, cette année 2026, par l’énergie de nos 20 ans, nous propose pas mal de concerts, entre autres au festival d’accordéon d’Arseguel en Catalogne et au Carrefour mondial de l’accordéon à Québec ! Nous sommes vraiment très contents de reprendre la route ensemble et de faire danser les gens.
Notre répertoire reste de la musique à danser avec une touche de Wallonie et une touche de Catalogne et pas mal de compositions de Pere.
Et vous vous dites : 20 ans et ils vont faire une fête ou pas ??? Oui, oui, oui, mais nous avons décidé de fêter les…. 21 ans 😉 Une fête est prévue au CC de Gerpinnes le samedi 5 juin 2027 ! Save the date, ça va être une belle célébration !
Pour ne rien manquer de notre actualité, ou bien même trouver nos cds, nous avons un site : www.21boutons.com/.
Est-ce qu’il y a un répertoire qui te tient particulièrement à coeur et que tu veux mettre en avant ?
Oui, la musique wallonne. Je suis tombée dedans dès mes débuts à l’accordéon, grâce au cours de Louis Spagna. Et c’est resté, il y a une touche de wallon dans tous mes projets. Et de temps en temps, j’ai l’occasion d’avoir un projet plus précis.
Ces derniers temps, c’est grâce à deux événements que cela redémarre bien pour moi. Tout d’abord, l’occasion qui m’a été offerte par Didier Melon et le monde est un village, d’avoir un live autour de la musique wallonne. C’était en novembre 2024. Me replonger dans ce répertoire m’a fait chaud au coeur, et cela a pu se prolonger par une deuxième expérience au festival de Marsinne en 2025.
Et puis, j’ai de plus en plus de contacts avec le projet Melchior à l’IMEP, une équipe qui fait un super boulot de collectage, de diffusion, mais aussi d’occasions de partager la musique wallonne de manière concrète : en fait, j’ai aussi eu l’occasion de participer aux deux bals du projet Melchior.
C’est tout un projet en soi de faire revivre un bal avec uniquement des musiques wallonnes, et le plus de danses wallonnes possibles. Cela reste une gageure, car les danses wallonnes sont souvent longues à expliquer. C’est souvent bien de coupler ce genre de bal avec un stage de danse. Mais avec la complicité d’Aurélie Giet à la danse, nous devenons de plus en plus efficace pour expliquer des danses compliquées avec plaisir dans un temps record !

Le grand projet du Projet Melchior pour l’automne 2026, c’est un week-end de stages (musique et danse), de conférences et d’un bal !! Et parlons-en de ce bal : ils ont réussi à nous convaincre de faire revivre mon groupe Havelange (qui ne joue plus depuis une dizaine d’années) pour cette soirée festive.
Havelange, c’est mon groupe avec Gabriel Lenoir et Julien Biget, et en collaboration avec Aurélie Giet, nous avons tourné dans toute l’Europe pendant 10 ans pour faire connaître les sonorités wallonnes. Nous allons tout donner pour que cette soirée soit mémorable.
La date : le week-end des 14-15 novembre. Tous les renseignements sont sur le site du projet Melchior : projet-melchior.be/pages/les-rencontres-de-melchior-reviennent.70. Faites le savoir à tout le monde.
Et si vous avez envie de jouer aussi de la musique wallonne ? C’est possible au festival de Marsinne, en septembre 2026, le grand boeuf sera à moitié wallon (et moitié suédois) avec moi et Mia Marine. Je vous y donne rdv !
Et comment te suivre sur le net ?
Beaucoup de gens me demandent si je propose une newsletter, pour pouvoir me suivre. Mais je n’arrive pas à trouver le temps pour cela ! Le plus simple est d’aller voir régulièrement sur mon site ;-). www.marinettebonnert.be




