Rappelons que vous pouvez écouter des extraits de la plupart des derniers CD présentés dans le Canard Folk tous les jours, vers 18h30 – Choix (aléatoire) différent chaque jour – sur notre webradio TradCan (musique Folk/Trad 24h/24) 

www.canardfolk.be/tradcan/mainFR.htm

Ami Dregelid, Håkon Dregelid, Anette Thorsheim og Jeanette Evansson : Spel med dans, dans med spel – Ta:lik TA297

Ce projet artistique est né d’un questionnement : qu’est-ce qu’une musique dansable ? Quelle danse, ou quels danseurs sont inspirants pour le musicien ? Si les acteurs de ce double album sont bien quatre, vous n’en entendrez qu’un, ou parfois deux sur les dernières plages. Alors où sont passés les autres ? Les autres dansent ! Ce sont Ami Dregelid et  Håkon Dregelid, qui forment un couple maintes fois récompensé dans les concours. Les voir danser est un régal, tant leur complicité et leur talent conjugué transparaissent quand ils dansent. Ils collaborent ici avec Anette Thorsheim, accordéon diatonique, et Jeanette Evansson, hardingfele, qui jouent ensemble depuis une vingtaine d’années. Tour à tour, ces deux musiciennes jouent pour le couple de danseur, tenant la bonne cadence pendant le temps qu’il faut, et l’enregistrement a lieu en direct, dans un lieu choisi spécialement pour permettre de saisir ces moments. Ce que vous entendrez est le fruit des « dialogues symbiotiques » entre danseurs et musiciens. Alors, tendez bien l’oreille, et imaginez un peu : vous percevrez sûrement quelques pas bien rythmés, des respirations, un vêtement qui bouge … (www.talik.no)

Jacques Leininger (Le Canard Folk N°472 – Janvier – Février 2026)

Goodacre Johansson – Vidd – Gammalthea SEWJN72

John-Francis Goodacre et Anna-Karin Andersson forment un sympathique duo émergeant sur les scènes norvégiennes et suédoises. Le premier, anglais d’origine, joue du quinton d’amour, un instrument à cinq cordes mélodiques, et cinq cordes sympathiques, du violon et de l’harmonium indien. Anna-Karin est suédoise et joue du Hardingfele, du violon et de l’octave-fiddle. C’est bien sûr l’alliance des premiers instruments cités, cordes frottées suscitant la résonance des sympathiques, qui fait la marque de fabrique sonore de ce duo. Ensemble, ils explorent le répertoire de musiques à danser de Norvège et de Suède, ainsi que de très beaux airs lents. Le jeu est ample, dopé par les doubles cordes et accords, l’interprétation est énergique pour porter chaque danse, polska, halling, springar ou gangar, et la complicité fusionnelle entre les deux musiciens est perceptible dès les premiers airs. Le dossier de presse conseille l’écoute de certaines plages, mais pour ma part, je trouve que l’entrée en matière par une polska très pêchue, et la conclusion par une mélodie norvégienne tout en nuances et sensibilité, constituent une belle illustration de leur projet musical.  www.facebook.com/people/GoodacreAndersson/61551365266302             www.instagram.com/goodacre_andersson/

Jacques Leininger (Le Canard Folk N°472 – Janvier – Février 2026)

Ragna – GO1825

Tudieu, quelle puissante expressivité dès le début ! La chanteuse  semble vouloir plier les émotions selon des courbes en 3D tout en  fleurant les vocalises nordiques, avant d’être rejointe par la chaleur du nyckelharpa. Elle a été chanteuse d’opéra et se lance avec bonheur dans les drames et dans les histoires en explorant les possibilités de la voix  naturelle. Mais Stine Elbæk , en plus de chanter et d’écrire des textes,   joue aussi du violon qui, lorsqu’il se mêle au nyckelharpa de Carina Juut Birch et à la guitare 12 cordes ou à la mandole de Thomas Birch, crée une forêt de cordes au son particulier. Les trois se sont rencontrés lors de jam sessions au Danemark avec une passion commune pour l’atmosphère des airs nordiques. Leur répertoire est ainsi un heureux mix de traditionnels et de compositions, une merveille de paysages variés dans des harmonies doucement évolutives.  A découvrir absolument ! (www.gofolk.dk)

Marc Bauduin (Le Canard Folk N°472 – Janvier – Février 2026)

Tram – Alligator

Ce groupe français de cinq musiciens initialement appelé « Tram des Balkans », fête son 2)-

5ème anniversaire avec ce septième album qui sortira le 27 février. Si le mot « Balkans » a disparu, c’est que le groupe, en plus d’un répertoire klezmer et centre-Europe qu’on imagine facilement, s’intéresse aussi au folk scandinave et réunionnais. Ce genre de challenge – créer une unité qui ait du sens et de la personnalité – n’est pas à la portée de tous. Il est pourtant facilement réussi grâce à l’énergie, la bonne humeur et la bonne entente de Vincent Gaffet (chant, accordéon, guimbarde, harmonica), Vincent Westphal (chant, clarinette, clarinette basse), Diego Meymarian (chant, violon, cistre, banjo, mandoline ),, Mathieu Cervera (batterie, percussions, chant )  et Nicolas Canavaggia (contrebasse, basse électrique, chant) dans une ambiance « pop-trad » et parfois rock qui vous plonge dans la fête, bienvenue par le froid d’hiver  actuel.  (lesentetes.com/tram/ )

Marc Bauduin (Le Canard Folk N°472 – Janvier – Février 2026)

German Diaz :  Outras trece cancións bonitas

Le  sympathque  vielleux espagnol, né en 1978 à Valladolid où il s’est formé à la guitare classique avant de se mettre à la vielle, a une carrière musicale très fournie : une centaine de  collaborations, plusieurs groupes, la composition des musiques d’une  vingtaine de de films ou  pièces de théâtre, de très nombreux cours et stages, la création de sa propre firme de disques Producciones Elimeras en 2004 .. Faites attention au titre précis du cd, qui signifie « Treize autres belles chansons « en galicien,car plusieurs autres cd de l’artiste ont un titre fort ressemblant. Dans le présent cd, German Diaz (vielle à roue, barrel organ, scie musicale,  bendir, boîte programmable), Benjamin Otero (hautbois, cor anglais, boîte programmable) et leurs invités interprètent pour moitié leurs compositions bien dans le style, et pour moitié des traditionnels galiciens dont l’élégance ne cède en rien à la vigueur, comme – bien sûr – quelques belles suites de muiñeiras. Ube technique éprouvée et sincère, qui explique un succès jamais démenti (germandiaz.net).

Marc Bauduin (Le Canard Folk N°472 – Janvier – Février 2026)

Louise Stojberg & Martin Rauff-Nielsen :  Millemrum Love Some More – Go-Folk.dk

Ces deux musiciens danois ont commencé à travailler pour cet album en 2000. Rétrospectivement, ils constatent que leurs compositions portent sur leurs expériences durant notre nouveau millénaire, une période où la planète subit de fortes pressions, où les gens, la nature et les identités sont en mouvement, heureusement avec la force de l’amour et de la musique … Des questions nouvelles sont apparues, que les chansons abordent en donnant non des réponses mais des directions qui amènent à encore d’autres questions i  Vous aurez compris que les paroles (en danois) ont beaucoup plus d’importance que la calme et harmonieuse musique de Louise Stojberg (guitare acoustique, piano, trombone, chant) et Martin Rauff-Nielsen (basse, guitares, mandoline, banjo, harmonica, chant). Un cd assurément profond.   (www.gofolk.dk)

Marc Bauduin (Le Canard Folk N°472 – Janvier – Février 2026)

Trio Mio – Dansant GO0526

Ce groupe danois porte un nom aussi connu que ses membres Jens Ulvsand (bouzouki, guitare, chant),   Peter Rosendal (piano, harmonium, flugabone), et Kristine Heebøl  (violon, chant). Ceci est le 7ème album du groupe depis 2014. Toujours énergique et élégante, sa musique est une fois de plus originale et conçue pour le bal. Trio Moi a développé un discours qui explicite sa volonté de faire revivre les traditions scandinaves au moyen de nouvelles compositions. On y retrouve tant la simplicitté des mélodies folk que la relative complexité des progressions d’accords ou du groove, par exemple. Voici onze musiques soigneusement construites dans cet esprit, comme un « Firetur » particumièremen,t éclairant. De quoi passer de bons moments ! (www.gofolk.dk, www.triomio.dk)

Marc Bauduin (Le Canard Folk N°472 – Janvier – Février 2026)

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