Benoit KENSIER avec sa cornemuse. Photo : Bruno D’Alimonte

Nous avons demandé à Benoît Kensier de donner son commentaire sur l’annulation du festival Le Son Continu.  Benoît Kensier est l’auteur du recueil « Le Printemps des Sonneurs » (fr.ulule.com/le-printemps-des-sonneurs/?utm_source=chatgpt.com).

Comment as-tu vécu l’annonce de l’annulation du festival ?

Nous étions déjà en route vers le festival lorsque nous avons appris son annulation. Le coffre de la voiture était rempli de livres : une centaine d’exemplaires déjà commandés par des festivaliers, auxquels s’ajoutaient ceux que nous comptions proposer sur notre stand. Nous étions encore à hauteur de Paris lorsque nous avons décidé de faire demi-tour.

Apprendre cette nouvelle a été un véritable crève-cœur. Nous rêvions de présenter Le Printemps des Sonneurs au Son Continu et nous avions reçu une très belle invitation du festival. Le dimanche, nous avions prévu un apéritif réunissant une vingtaine de musiciennes et musiciens présents dans le livre. Cela aurait été un magnifique moment pour échanger, célébrer la réussite du projet et, surtout, remercier toutes celles et ceux qui y ont contribué.

Que faire pour éviter une nouvelle annulation l’an prochain ?

Malheureusement, la région restera probablement sujette aux risques d’incendie. À moins de délocaliser l’événement ou de l’organiser à une période de l’année moins exposée, je ne vois pas de solution totalement fiable. La culture traverse aujourd’hui une période compliquée, entre les restrictions budgétaires et les conséquences du changement climatique. Ses acteurs doivent sans cesse se réinventer, et ce n’est pas une tâche facile. L’équipe du festival est pleine de créativité et de résilience, on leur fait confiance !

Le festival appelle les festivaliers à ne pas demander le remboursement de leur billet.

Le festival a lancé une cagnotte sur HelloAsso afin de soutenir l’association, et chacun peut également choisir de renoncer au remboursement de son billet. C’est un geste de solidarité important pour aider les organisateurs à traverser cette épreuve et permettre au festival de continuer à exister. Toutes les informations se trouvent sur leur site.  www.lesoncontinu.fr/

Comment cette annulation t’a-t-elle touché ? Tu avais un stand, disais-tu ?

Nous devions effectivement tenir un stand. L’impact est surtout émotionnel. Heureusement, les conséquences financières restent limitées pour nous, puisque les livres attendus au festival ont pu être expédiés aux acheteurs dans les jours qui ont suivi l’annulation.

En revanche, je pense surtout aux luthiers, parfois venus de très loin, qui comptaient sur le festival pour présenter et vendre leurs instruments. Pour beaucoup d’entre eux, cette annulation représente une perte bien plus importante.

Quelle est, selon toi, l’importance du Son Continu dans le paysage culturel français, et au-delà ?

Le Son Continu remplit plusieurs missions essentielles. Il contribue à faire connaître les musiques à bourdons, leurs instruments et leurs répertoires. C’est aussi un formidable lieu de rencontre et de réseautage entre le public, les artistes, les facteurs d’instruments et les associations.

Le festival constitue également une vitrine économique importante pour de nombreux artisans, qui y trouvent chaque année un public passionné. Enfin, il ne faut pas oublier son histoire : cinquante ans d’existence, c’est considérable. Le Son Continu est devenu bien plus qu’un festival ; c’est une institution et un rendez-vous incontournable pour des milliers de personnes.